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SOS Femmes insultées

mai 10th, 2010 — 11:20

Gare du nord, lieu atypique.
Hier soir, 20.30.
Quand d’autres reviennent de week-end, des petites anglaises débarquent à Paris, des hollandais repartent chez eux et d’autres squattent la ville avant de regagner la banlieue.

J’étais à la terrasse du café du nord, juste en face de la gare. Je sirotais mon jus tout en racontant mon week-end à mes proches.

A côté de nous se sont installées trois jeunes filles, blondes et jolies, un peu typées mais jusque là rien d’anormal.

Soudainement nous avons étaient attirés par des voix qui s’élèvent plus haut que les autres. Il y avait un mec qui commençait à ennuyer l’une d’elles.
Il commençait à les insulter : ‘ tu vas te prendre une correction sale petite pute’; fais pas ta fière’…

C’est comme ça qu’on parle aux filles en 2010.
C’est comme ça que pendant 10 minutes on revient les importuner et chacun répliquent avec des phrases bien à eux, du verlan, des mots grossiers et virulents.

Le mec se casse et revient avec un autre caïd à la casquette de rappeur, il fait peur aux filles. Le barman leur dit de rentrer… Appelez donc la police !
Et nous, nous sommes les tristes spectateurs de cette scène morbide qui vous donne mal au ventre  et n’osons pas nous mêler à cette histoire glauque de peur de nous en prendre une.

Il est 21 heures, Paris s’éveille, il est 21 heures je n’ai pas sommeil.  Je pense à elles.

gare du nord 2a SOS Femmes insultées

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SOS Femme battue

avril 8th, 2010 — 4:13

Sans titre SOS Femme battue

En 2010 vous vous promenez en jupe dans le métro parisien et vous vous prenez une claque sur les fesses au détour d’un escalier.

En 2010 c’est le genre de geste qui vous met hors de vous, qui vous ferait limite pleurer.

Alors comment philosopher en 2010 quand on est une victime ?

On regrette d’abord de ne pas avoir couru après car une simple insulte (connard) ne suffit guère.

On se dit que les beaux quartiers ( Charles de Gaulle étoile) attirent des rapaces délurées.

On a grandement envie de partir de cette ville parfois si folle…

On se dit que le lendemain on mettra sa tenue de ski et qu’on oublie les jupettes tant qu’on peut…

On se dit que si on était fringuée comme une (pute) aguicheuse on comprendrait mais là…

On se dit que finalement qu’il y en a qui n’ont pas de chance : pas d’éducation, pas de respect, aucune humilité et la grossièreté comme marque de fabrique.

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Episode 8 : Isaure

mars 15th, 2010 — 11:58

A peine le pied posé sur son tapis de bain, le téléphone de Marie Amélie sonne, c’est lui.
Hugo propose à Marie Amélie de l’emmener déjeuner, de tout lui expliquer et ce une fois le marché terminé.
M A préfère le retrouver ce soir. Elle se fait désirer histoire de lui rappeler que dans cette histoire il est bel et bien le fautif et qu’elle a des kilos voir des tonnes de choses plus excitantes à faire !

Même si elle a en réalité une folle envie de le voir, elle voudrait d’abord passer chez sa meilleure amie. Lui confier ses péripéties et boire des thés en écoutant des vinyles, en essayant des robes et en mâchouillant des malabars.
Isaure tient une friperie aux puces de Clignancourt. MA était devenue une grande consommatrice de sa boutique avant de devenir addict de son amitié. Elles sont devenues amies, confidentes et se sont trouvées comme si elles se connaissaient depuis les bancs de la cantine.
Elles ont déjà fait la liste sur une page de cahier, elles ont plus de cinquante points communs qui font d’elles des filles hors du commun.
Parmi ces points on se plait à citer : le goût pour les fringues, trier les spécial K et ne manger que ceux au chocolat, la même probabilité de tomber sur des love story affligeantes, leur pointure : 38, le même tatouage derrière le poignet (fait lors de leur vacance en 2001), et bien d’autres…
MA raconte cette histoire loufoque à Isaure.
Le coup des policiers l’effraie, Isaure imagine déjà sa MA incarcérée à la Santé, habillée dans une combinaison orange de plombier, portant des chaussures plates en plastique : NO WAY !

Isaure prévient MA, elle ne voudrait pas la ramasser à la petite cuillère comme après sa rupture avec Sacha. MA ne souriait plus, ne mangeait plus, elle passait ses journées à écrire des lettres de désespoir, prenait son vélo pour les porter au bureau de Sacha. Arrivée devant l’immeuble elle n’osait pas affronter sa secrétaire. Toutes ces lettres elle les conserve dans un carton en dessous de son lit se disant que peut être un jour…

Marie Amélie doit filer, elle a rendez-vous près du champ de mars avec Hugo.
‘Tu n’oublies rien ?’ lui dit Isaure.
Isaure glisse dans le sac de Marie Amélie la jolie robe rose,  celle hors de prix qui faisait loucher MA depuis le début de l’après midi.
MA retrouve enfin  Hugo, le ciel est clair, les étoiles brillent : l’heure des révélations a sonné !

isaure Episode 8 : Isaure

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Episode 7 : le plafond

mars 7th, 2010 — 6:46

En ce mercredi matin, Marie Amélie a le cœur tout endormi.
Elle est toujours dans son lit. Elle regarde le plafond et pense à lui.
Lui, Hugo le mystérieux, Hugo le preux chevalier, qui en un instant est devenu le foireux guerrier.

A l’heure qu’il est, il doit être au marché. En train de sourire à de parfaites inconnues, servir les vieilles mamies et gérer des coups de fil pour magouiller ses groupes de musique, ses trafics en tout genre et ses frauduleuses manipulations dans les caves parisiennes.

Marie Amélie n’ose même pas aller chercher son sac.
Regarder ce sms, lire ces quelques mots d’excuse.
Marre des excuses !
Marie Amélie ne supporte pas les excuses.
Son ancien compagnon passait son temps à s’excuser.
Sasha de son prénom était brillant, beau et accessoirement impardonnable.
‘Pardon d’être en retard, pardon d’avoir oublié ton anniversaire, pardon de te faire croire que tu comptes pour moi, pardon de te dire des mots exécrables, pardon de te tromper avec mon assistante…’
Des pardons qui ont formé à eux seuls une jolie montagne, une montagne que Marie Amélie a soulevé et a tout simplement jeter très fort et très loin. Evidemment cela lui a fait très mal aussi !

Il y a donc deux solutions.

La première que ce sms soit fortement original au point que MA veuille revoir Hugo.
La seconde c’est d’appuyer sur ‘cancel’, d’effacer ce joli souvenir, cette belle soirée et trouver un nouveau spot pour faire son marché !

Marie Amélie se lève, elle n’ira pas travailler aujourd’hui.
Elle a le moral sans dessus dessous. Il ne doit pas déteindre sur ceux qu’elle doit aider.

Elle se prépare son thé vert.
Il est 10 heures.
Elle voudrait prendre un bain.

Prendre un bain ? Enlever son sac de la baignoire, mettre l’eau à couler, et quelques zestes de bain moussant.
Rien de compliqué.

MA a du cran elle prend son sac, l’ouvre, trouve son portable, appuie sur le bouton.

« all your lovin pretty baby That I had in store for you All your lovin pretty baby That I had in store for you-
What could a poor boy do?All your lovin pretty baby All your lovin pretty baby
All your lovin pretty baby What could a poor boy do?”

Elle mettrait 9/10 sur la pancarte à lever pour donner au public la note du sms.

En neuf lignes, Hugo a tout dit et il a su taper fort, en se souvenant que MA adore Aerosmith.

Marie Amélie plonge dans son bain. Elle a soudain des tonnes d’idées pour que sa journée soit belle.
Et cette dernière ne fait que commencer…

sms Episode 7 : le plafond

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Episode 6 : la baignoire

mars 1st, 2010 — 8:37

Désenchantée.
Marie Amélie déteste Mylène Farmer aussi elle entonnerait bien le refrain de son tube juste pour crier sa déception.
Hugo lui a donné l’ordre de monter dans ce van, comme si Marie Amélie était une vulgaire miette de pain.
Ses jambes flageolaient, son sourire disparaissait. Il aurait pu la séquestrer, l’abandonner sur les bords du périph, l’emmener au fond d’un bosquet pire l’emmener dans un autre repère de brigands.

Il était si stressé qu’il ne décrochait pas un mot.
M A restait discrète, elle aussi ne la ramenait pas large.
Pour un premier rendez-vous elle avait imaginé une fin meilleure : après le concert, Hugo lui aurait proposé une ballade sur les quais, il l’aurait raccompagné à pied, juste devant sa porte et lui aurait glissé un mot doux sous forme d’un rebus dans la poche de sa veste pour lui faire deviner le lieu de leur un deuxième rencart !

Elle se contenait puis demanda expressément à Hugo de s’arrêter à n’importe quelle station de métro.
S’il n’était pas capable de discuter, de cesser de répandre son stress sur elle, elle préférait rentrer.

Hugo arrêta le van.
Il prit la main de Marie Amélie et s’excusa pour cette fin de soirée ‘minable’.
« Je t’expliquerai tout en détails, mais je préfère te raccompagner. »

M A sortit du van.
« Je vais rentrer seule, merci ».

Il est 1.00 du matin à l’horloge de cuisine de Marie Amélie.
Devant sa tisane, M A ne cesse d’y penser…
Il avait tout pour lui (la barbe, le sourire, l’humour, la peau douce, la musique des battements de son cœur)
Si ça se trouve ce mec n’est qu’un affreux bandit, un charlatan, un escroc pire un dealer de crack ou un vendeur de fausses montres Swatch !

M A entend la sonnerie de son téléphone au fond de son sac.
Un sms.
C’est sûrement lui.

MA prend son sac et le met dans la baignoire.
Voici le réflexe d’une fille qui ne regardera pas son téléphone ce soir…

baignoire Episode 6 : la baignoire

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Episode 5 : le van

février 21st, 2010 — 10:43

Marie Amélie rentre sous le porche.
Son cœur bat si fort, comme des flashs de photographes devant une nouvelle star hollywoodienne en vogue pour un an.
Le chemin est sombre et Hugo ne tente rien. Même pas un bras sur son épaule ni une main baladeuse qui se promène là où les sens interdits sont rouge mais clignotent aussi pour prévenir doublement du danger !

Hugo laisse passer M A devant lui.
Elle pousse la porte et découvre le lieu. Il faut descendre quelques marches pour arriver à la cave. Une cave voûtée. Étonnant qu’il n’y est pas de mot de passe pour accéder à ce lieu si secret. Ce lieu c’est comme si on poussait la porte de l’appart’ d’un ami. Intimiste oui, dangereux non.
Quelques tables en bois, un bar sur lequel sont aposées de petites ampoules fluorescentes, une pompe à bières et quelques fleurs viennent décorer sobrement cet endroit insolite.
Quelques personnes sont installées. Elles ont l’air normales, détendues et patientes.

Hugo montre le piano dans le coin et dit à Amélie que le show must go on very soon…
Hugo manage des groupes de musique et celui-ci est son préféré.
Ce sont des gitans qui n’ont pas le droit de jouer dans tous les bars de la ville, pour la plupart leurs papiers ne sont pas en règle et leur repère est digne des gens de confiance qui, comme Hugo invitent des connaissances qui ne dénonceront jamais les activités pratiquées ici.

Marie Amélie est enchantée. Elle entrave la loi en entrant ici et alors ?
Elle en connait des gens hors la loi qui volent dans les superettes, chantent dans le métro et quémandent des tickets resto.
L’endroit est sombre mais Hugo l’illumine par sa présence.
Les gens  sont discrets mais la bonne ambiance cassera bientôt toute cette retenue.

D’autres personnes arrivent.
Des couples, des gens seuls respectueux du silence qui pour l’instant demeure roi dans la cave.

Le groupe arrive, le chanteur vient saluer Hugo. MA rougit quand Hugo glisse à l’oreille quelques mots explicatifs à celui-ci.

Le groupe commence : chanson tsigane. Les gens dansent. Les chorégraphies s’enchainent.
Hugo invite MA.
MA est blottie contre lui. Son parfum, sa barbe sont si proches… elle fond sur place et se dit qu’elle se transformera bientôt en milkshake vivant si il continue de danser ainsi.
Le show bat son plein. MA danse, boit, danse, rit. Hugo est bon danseur. Hugo est un charmeur.

Hugo reçoit soudain un coup de fil. Il laisse MA à leur table et lui dit que dans cinq minutes il sera là.
Son regard change. Il prend Marie Amélie par  la main et fait un signe au chanteur. Comme un code. Ce dernier reste pantois.

« Il faut se dépêcher » lui dit-il. Tous deux courent jusqu’à un van gris.
« Monte ! » dit Hugo

Ce van gris s’engouffre dans Paris, où va-t-il ?

Et notre Marie Amélie dans tout ça ?

 Episode 5 : le van

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Des pâtes, des pâtes, oui mais des pâtes vivantes

février 19th, 2010 — 8:35

Les pâtes symboles de la longévité, ne le coupez pas ! Mangez-les !

Voici mon nouveau hot spot culinaire. Un resto chinois… qui fait des pâtes !
Il faut savoir qu’au nord de la Chine, les céréales sont rois et les pâtes font fureur…
Pour faire simple dans ce resto : des pâtes chinoises, très longues, délicieuses aux formes délurées.
Cuisinées façon nouilles sautées ou soupes ; vous pourrez choisir aussi des raviolis pékinois, des salades, de nombreux plats au wok, des croustades au potiron, du tofu et j’en passe.

Le resto est souvent plein à craquer, la bonne alternative est alors de prendre les plats à emporter, de se poser et d’explorer ces pâtes en long, en large et pourquoi pas se lancer dans un remake de la belle et le clochard…

 Des pâtes, des pâtes, oui mais des pâtes vivantes

Comptez dix euros le plat.

Retrouvez « les pates vivantes », dans le 5eme (22 bd st germain) et dans le 9eme (46 rue du faubourg Montmartre)

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Episode 4 : le porche

février 12th, 2010 — 12:25

« Au plaisir de te revoir, voici mon numéro. Marie Amélie » Un, deux, trois, envoyé ok, accusé ok.

Il est 14.30 ce mardi, Marie Amélie rentre de la cantine. Elle sent son téléphone vibrer.  Ce numéro inconnu…c’est lui. Hugo l’invite jeudi, il ne travaille pas. Il lui propose de se retrouver en fin d’après midi selon ses dispositions. Marie Amélie lui donne rendez-vous au jardin du Luxembourg vers 17.30 c’est juste à côté de son lieu de travail. Elle adore ce jardin, elle y passe la plupart de son temps : à lire, faire des sodokus, découper des patrons de robes dans des magazines, appeler ses copines.

Nous sommes jeudi, il est 17 heures et 8 minutes. Un petit peu de gloss, ses ballerines dans son sac et ses talons hors du sac. Marie Amélie est prête. Hugo l’attend sur le banc devant la fontaine. Il lui a apporté une marguerite.

parc2 Episode 4 : le porche

C’est bien la première fois que Marie Amélie reçoit un présent lors d’un premier rendez-vous.

Souvent les rendez-vous de Marie Amélie sont tardifs, après les journées de 10 heures des prétendants où ces derniers choisissent le dernier bar à la mode. Des bars où les cocktails sont à 20 euros et l’envie de voir atterrir Marie Amélie au creux de leur lit est aussi pressante que leur envie de faire pipi après trois coktails.

Marie Amélie a vécu deux grandes histoires. Une fin tragique et l’autre moins. Elle a envie maintenant d’une histoire simple, de confiance, où la vie serait un long fleuve tranquille ponctuée par des moments privilégiés qui la ferait sortir du fleuve au quart de tour. Hugo porte une doudoune rouge ; sa barbe de trois jours et demi et un treillis gris. Il se dit très content d’être assis à ses côtés.

Il se présente brièvement. Hugo est maraicher à ses heures perdues. En gros il vient juste en aide à son voisin les jours d’affluence au marché du 12ème. Dans la vraie vie il compose et joue dans un groupe. Il est parolier. Ses textes lui ont déjà rapporté et il décide maintenant de se consacrer à son groupe ; il organise des concerts. ‘Joy derision’ (À prononcer à l’anglaise) voici le nom de son groupe.

Marie Amélie est épatée. Elle voue une admiration certaine à ceux qui savent faire autre chose  avec leurs mains que  faire des anglaises avec leurs doigts ou se faire les crottes de nez. Elle adore la musique et aurait beaucoup aimé apprendre le solfège. Se produire devant ses proches, être applaudie, se concentrer, être fière de dire « ah oui j’ai fait six ans de conservatoire ; de la 5ème à la seconde »

Marie Amélie déballe son propos. Quelques notes d’humour viennent égayer son récit. Hugo semble conquis. Il est 19.30, Hugo et Amélie remonte vers le Panthéon et s’arrête devant un grand porche.

C’est ici. Étrange pour un piano bar se dit Marie Amélie. Serait-ce encore un plan foireux ?

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Episode 3 : le jogging

février 3rd, 2010 — 11:03

Ce dimanche matin, Marie Amélie l’a voulu matinal.
Le même rituel : un thé vert, deux tartines, un jus d’orange et cinq abricots secs.
Marie Amélie a les idées bien arrêtées, parfois il lui faut longtemps avant de déroger aux règles qu’elle a elle même initiées (son p’tit dej, les composantes de celui-ci, le nombre de tasses de thé qu’elle va boire dans la journée, le jour où elle fait sa lessive, la piscine où elle choisit d’aller nager etc.)

D’après ses calculs, si elle se rend plus tôt au marché, elle aura plus de chances de le « coincer », de savoir le pourquoi du rendez-vous raté…

Marie Amélie joue ce matin la carte de la sobriété, elle laisse son jogging du dimanche et rajoute juste un trait fin de khôl sur les yeux…
Elle passe devant le stand et s’arrête, il n’est pas là.
Encore une fois ses espoirs s’envolent comme des plateaux lancés lors d’un ball-trap.
Elle commande quand même ses légumes de la semaine et n’ose pas demander aux autres si son maraicher préféré vient travailler aujourd’hui.

Marie Amélie  s’arrête chez la fleuriste. Ses fleurs préférées sont les perces neiges, mais difficile d’en trouver à Paris, et surtout difficile d’en trouver en bouquet.
Alors qu’elle parle fréquence de changement d’eau des fleurs avec la fleuriste, Marie Amélie sent une présence derrière elle.
Elle se retourne, c’est lui.
Il lui sourit, elle rougit, telle une pivoine égarée dans un parking.

Enfin, le voila hors de son terrain de prédilection, il revient tout juste du café et s’excuse.
Il s’excuse car son côté étourdit lui a fait confondre le jeudi et le mercredi. Il était bien là chez Jéjé mercredi dernier.
Si il avait le temps, il lui offrirait une fleur lui dit-il mais il doit y retourner.

Enfin il lui demande son prénom.
« Marie Amélie et toi ?  »
« Hugo »

Hugo tend une carte à Marie Amélie, une carte de visite avec toutes ses coordonnées. (mail, portable, adresse postale… youhou)
Il lui demande de lui envoyer son numéro, il a follement envie de l’inviter prendre un verre dans un endroit qu’il connait.
« Un piano bar » lui dit-il.

Marie Amélie glisse la carte dans la poche de son jogging, elle fait signe que oui ; à vrai dire elle est tellement intimidée que les mots lui manque.
« Joli jogging » lui lance Hugo.

Marie Amélie rentre chez elle, elle a à présent les cartes de visite en main.
Il est 10.30, elle devrait déjà être en train de défaire son panier.
Au diable les rituels, Marie Amelie a des choses plus importantes à faire…
Comme glisser un peu de poésie dans un sms par exemple ?

carte7 225x300 Episode 3 : le jogging

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Episode 2 : Le café crème

janvier 28th, 2010 — 11:21

Quatre jours.
Quatre interminables jours !
10 millions de palpitations, 22 rêves, 27 tenues essayées, 3 fards à paupières retenus,  120 minutes passées au téléphone, deux copines épuisées par les interrogations, les questions, les SI, les MAIS …
Voici les formules hautement mathématiques que notre Marie Amélie a subit durant ces quatre jours d’attente.

Elle en a rêvé, le jeudi tant attendu est arrivé.
Marie Amélie est une coquette.
La coquetterie c’est une sorte d’échappatoire à son quotidien. Parce que lorsqu’on côtoie la misère, les vêtements souillés et le manque d’hygiène on a envie de se sentir parfois bien dans sa peau. Marie Amélie adore le vintage, elle passe ses samedis à traîner dans les vieux magasins, elle connait les meilleures friperies de Paris et d’ailleurs…
Elle a longuement hésité puis s’est décidée, elle portera sa robe favorite : un bustier à la Audrey Hepburn sous un gilet de laine made in Marie Amélie’s mummy. Elle prendra un pantalon dans son sac et ses baskets pour se changer ensuite arrivée à son travail.
Il est 8.15 à l’horloge du ‘Troquet Jéjé’, le bar du marché le plus en vogue de tout Paris.
Marie Amélie est assise devant son café crème. Elle attend.
Après des histoires bancales, ses espoirs  de trouver THE lover broient du noir.
Elle n’a rien misé sur cette rencontre, mais est assez curieuse de passer plus de cinq minutes à discuter d’autre chose que de radis et de poireaux… le voir de près, voir la couleur de ses yeux, le détail de ses fossettes.

cafe1 Episode 2 : Le café crème
Il est 8.30, Marie Amélie patiente toujours, dans 10 minutes elle devra attraper son bus elle commence à douter.
Elle réfléchit, elle n’a ni son nom, ni son numéro de tel, ni son skype, ni son twitter, ni son myspace, ni son formspring me et le pire de tout elle ne le trouvera jamais sur le réseau des faux amis facebook… et c’est tant mieux !
Marie Amélie ne sourit plus, elle doit réellement partir.
Peut-être a-t-il eu un contre temps, une panne de réveil ??? Elle laisse deux euros sur le comptoir, sourit à Jérôme le cafetier et court vers son bus.

Elle le verra dimanche, c’est certain.
Qu’est ce que c’est 3 jours d’attente après tout, ce n’est que sept millions de palpitations… et une nouvelle robe à acheter !

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