Category: THEATRE


L’étudiante et Mr Henri

avril 22nd, 2013 — 8:55

Pour la petite anecdote j’avais eu de très bons échos de la pièce car lorsque j’ai vu Doris Darling, j’étais assise à côté du tourneur qui déjà m’avait vanté l’excellence de cette comédie.

Les prolongations ont eu raison de moi et je peux clamer ici haut et fort que cette pièce est une véritable pépite !

D’une  parfaite justesse, cette comédie réunit sur scène quatre personnages attachants.

Il y a d’abord Henri ce vieux bougon solitaire qui accueille chez lui Constance une étudiante paumée à la recherche d’une location modeste. Et entre eux le fils d’Henri, Paul la quarantaine fragile mariée à une femme totalement perchée.

Dans cet intérieur d’appartement parisien Henri va succomber à la fraîcheur et la spontanéité de cette jeune étudiante et lui demander de l’aider à éloigner Paul de sa femme.

Ce que j’ai le plus apprécié dans cette pièce : la subtilité des dialogues et de l’humour, le jeu des acteurs et la montée en puissance d’une émotion non anodine.

Dans cette pièce tout est une histoire de générations. Roger Dumas est parfait dans son rôle de papy. J’ai adoré quand son visage se transforme et passe soudain du sérieux au rire espiègle. Cela m’a rappelé beaucoup de traits de caractère attachants de mon grand père paternel.

Je crois que chaque homme quand il vieillit trouve finalement auprès des jeunes  une relation sincère et complice. Sans oublier qu’il nous raisonne parfois et que ces leçons de vie, on s’en souvient souvent très longtemps…

Je cesse d’épiloguer, cette pièce est un chef d’œuvre qu’il faut s’empresser de voir !

dumas Létudiante et Mr Henri

Jusqu’en juin 2013 au Théâtre de Paris

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Collaboration au théâtre de la Madeleine

mars 6th, 2013 — 11:57

Georges Werler a le don de mettre en scène des monuments du théâtre français.

Après le succès du Roi se meurt, je retrouve sur la scène du théâtre de la Madeleine Michel Aumont, un autre géant de l’interprétation.

Collaboration c’est une pièce rare sur l’amitié.
Une amitié  entre deux immenses artistes Richard Strauss (Michel Aumont) et Stéfan Zweig (Didier Sandre).
Le compositeur demande à l’écrivain de renom de lui écrire un opéra bouffe.
Nous sommes en 1933, le régime nazi commence à s’imposer. Malgré les nombreuses mises en garde, les deux compères travaillent ensemble à l’écriture de l’opéra ‘la Femme silencieuse’.

Zweig, juif autrichien sera constamment menacé et ce malgré la défense de son ami Strauss dans des circonstances plus que difficiles.
Strauss lui, devra coopérer pour rejoindre les diktats du régime Hitlérien et appréhender autrement la musique et l’art conditionnés.

J’ai beaucoup aimé le personnage de l’épouse de Strauss vient ponctuer les dialogues, elle amène une pointe d’humour dans un contexte politique  grave.

Cette pièce est très bien rythmée, de la naissance de cette amitié au destin tragique de l’écrivain et du couple Strauss.

Collaboration ou l’histoire d’une amitié sincère… L’art dans toute sa splendeur, bafoué par la gravité de l’époque.

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Ita L. née Goldfeld ou une Hélène Vincent majestueuse

février 22nd, 2013 — 9:22

Hélène Vincent est d’une justesse incroyable.

Je croise les doigts pour que ce soir, ce soit elle qui monte sur la scène du Châtelet pour récupérer le César de la meilleure actrice.

Elle occupe tout l’espace de la scène du théâtre du petit St Martin.

Bien que minimalistes, le décor et les lumières mettent en exergue cette femme fatiguée. A chaque nouveau jeu de lumières on assiste à un nouvel épisode de la vie d’Ita.

Nous sommes le 12 décembre 1942. A 67 ans Ita, juive ukrainienne est seule dans son appartement parisien. D’Odessa à la rue du Petit Musc, elle a déjà vu tant de choses.

Elle commence son monologue comme si elle lisait le livre de sa vie. De son arrivée à Marseille en bateau à son 1er voyage en train pour rejoindre la capitale. De son mariage heureux avec Salomon et ses trois enfants…

De son mari volontaire dans la légion étrangère pendant la première guerre mondiale qui fut gazé, à la fuite de ses enfants vers la France libre.

Dans ce monologue rythmé, Hélène Vincent raconte les anecdotes de la vie d’Ita jusqu’à son départ forcé dans un train vers les camps. Elle passe ainsi du rire au larme, de l’excitation à la peur.

Lorsqu’elle finit la lecture de sa vie, on  boit ses paroles jusqu’à la dernière syllabe.  L’émotion est bien présente. On la regarde refermer le livret de la vie d’Ita. Mon cœur bat soudain plus fort.

Hélène reviendra quatre fois sous nos applaudissements. On sort du théâtre un peu abasourdi, on ne peut s’empêcher de repenser à l’histoire d’Ita, témoin parmi tant d’autres de la cruauté de cette période de notre histoire.

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Au Théâtre du Petit Saint-Martin jusqu’au 14 avril 2013, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h.

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D.A.F Marquis de Sade

janvier 30th, 2013 — 11:54

Donatien Alphonse François de Sade tel est son nom… Après Volpone, Nicolas Briançon signe la mise en scène de cette nouvelle pièce au ciné 13 théâtre..

Dans le théâtre de Salomé Lelouch, le Marquis de Sade est un homme moderne, vêtu d’un marcel et d’un pantalon de cuir, on devine déjà tout son côté libertin.

Alors il est vrai que confortablement installée dans mon fauteuil en cuir rouge j’étais loin de penser que cet être était aussi déjanté. Après six ans de prison à Vincennes, le marquis de Sade est transféré à la Bastille peu avant le 14 juillet 1789. Le Marquis est un homme étrange… il parle à une demoiselle qui représente son rêve. Pour être franche je me suis assoupie endormie à plusieurs reprises pour parfois reprendre le cours de la pièce quand le marquis enchaînait les injures ou en pleine scène de sexe avec cette « présence féminine ».

Je reste donc perplexe sur cette interprétation, le marquis de Sade était un homme érudit, dont les oeuvre littéraires sont nombreuses ( lettres, pièces de théâtre, romans etc.) . Le mot sadisme viendrait de ses fantaisies et de sa provocation, vous comprendrez alors que cette pièce reste réservée à un certain public…

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De janvier à mars 2013, au Ciné 13 Théâtre (du mercredi au samedi à 21H30 et Dimanche à 17H30).

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13 à table au théâtre Saint Georges

janvier 7th, 2013 — 5:34

J’ai assisté à ma première pièce de l’année lors de son avant-dernière représentation. 13 à table, la comédie made in Marc-Gilbert Sauvageon et revisitée par Pierre Palmade restera un des beaux succès de 2012. Mixant judicieusement bonnes blagues et intrigue rythmée, la pièce est une belle bouffée d’oxygène.

Les personnes à côté de moi ont beaucoup ri, je me dis ainsi que certains commenceront bien l’année !
Au théâtre st Georges la scène reflète l’appartement cosy d’un couple homosexuel le soir du 24 décembre. Tout est prêt pour passer un réveillon festif et savoureux. Antoine et son compagnon ont tout préparé avec soin sauf… le nombre d’invités. 13 à table rime avec superstition, rebondissements, craintes et calculs ! Les personnages ne sont pas au bout de leurs surprises…

Au final cette pièce est toute en légèreté, on ne voit pas les deux heures passer, du vrai divertissement ! A quelque chose près on serait montés sur la scène pour commencer le dîner avec toute la troupe…

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L’atelier

décembre 12th, 2012 — 9:47

Voici une jolie adaptation de la pièce de Jean-Claude Grumberg. La scène se passe dans un atelier de confection parisien. Nous sommes après la seconde guerre mondiale et cinq femmes travaillent dur pour Léon, un tailleur juif qui a pu échapper aux camps de concentration.

Parmi elles,  des personnalités bien différentes : une marrante, une consciencieuse, une coincée, une chanteuse… Au théâtre de l’aire Falguière, nous sommes assez près de la petite la scène pour deviner les vieilles machines à coudre Singer et les fers lourds qu’utilisaient autrefois ces professionnels du tissu.

Ces cinq femmes tentent d’oublier les désastres de la guerre et d’aller de l’avant. Parmi elle il y a madame Simone, une jeune maman de deux enfants dont le mari polonais a été déporté et n’est toujours pas revenu. Son destin particulier nous animera jusqu’à la fin de la pièce…

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Cette pièce dresse le portrait de femmes pleines d’espoir dans un cadre intimiste, rythmée par la musique et les aléas de l’époque.

Du vrai théâtre spectacle : animé, plein de bon sens, triste et joyeux à la fois.

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L’Atelier de Grumberg – Théâtre Aire Falguière
55 rue de la Procession – 75015 Paris
Jusqu’au 16 décembre – Les mardis et vendredis à 21h, le dimanche à 17h30

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Tour de piste

novembre 25th, 2012 — 10:39

Tour de piste ou l’itinéraire balisé d’un enfant unique.

De sa naissance à sa mort, Stéphane Hillel nous raconte la vie de Chris son personnage.

Une vie ponctuée par des joies, des peines, peu d’amitié et une passion inassouvie.

Ce que l’on retient de cette pièce ? Est-ce vraiment à nous de choisir notre vie ? Cette liberté et cette insouciance où s’en vont-elles quand nous sommes emprisonnés dans le tourbillon banal de la vie ?

Métro boulot dodo, vacances en club, naissances des enfants et des petits enfants, travail, mensonges, déception, surprises…

Toutes ces étapes importantes Stéphane Hillel nous les fait vivre, avec des mimiques pour chaque personnage et de belles imitations. Il excelle dans l’exercice de converser à deux en étant seul sur scène.

A la fin de cette pièce on admire le jeu exceptionnel de Stéphane Hillel et l’on se dit que certes c’est à moi de penser ma vie, de faire les bons choix, de profiter de tous les instants sans dictats ni égoïsme.

Suis-je vraiment prête à tout plaquer et vivre pleinement mes passions ?

Mon tour de piste je le commence à Paris et il se finira autre part. Je sortirai alors de la piste pour me poser hors des barrières et c’est une seconde vie qui commencera.

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Prochaines représentations  du 4 au 31 décembre au Petit Théâtre de Paris 75009

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Harmonie hormonale, le spectacle de Nora Hamzawi

novembre 7th, 2012 — 12:05

Dans le spectacle de Nora on parle de tout : des règles, des pets, des cuites, de la sodomie, de la drague, de la vie en couple, de l’amitié, des soirées…

Vous l’aurez compris Nora décrit avec humour et auto-dérision le quotidien de beaucoup de jeunes femmes. A la comédie des 3 Bornes, Nora et son 3ème degré monopolisent la petite scène par des pas de danse rythmés, des déhanchés endiablés et des répliques bien écrites.

Nora nous fait des clins d’ oeil et joue la carte de la complicité : pendant son show c’est un peu comme si on était dans son salon, un verre de rosé à la main.

Nora est une « rebeu » Syrienne née à Cannes qui nous fait partager quelques moments insolites (ou non) de sa vie de jeune demoiselle (dixit Diam’s). Cette fille est pêchue, bien dans ses Vans et dans son slim !

J’ai ri et souri car comme toute fille qui se respecte il m’arrive moi aussi d’être parfois chiante et de danser sur Beyoncé, la faute aux hormones… ou pas !

photo 6 Harmonie hormonale, le spectacle de Nora Hamzawi

Les mardis jusqu’au 31 décembre à la Comédie des 3 bornes Paris 11ème – 21:30

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Inconnu à cette adresse

novembre 1st, 2012 — 5:18

Hier soir je me suis rendue à la dernière représentation de la pièce jouée par le duo Gaspard Proust et Stéphane Guillon avant que celle-ci ne soit reprise par Elie Semoun et Jean Paul Rouve au mois de novembre. Cette pièce est adaptée du chef-d’œuvre de Kathrine Kressmann Taylor, publié aux États-Unis en 1938.

Je souhaitais vraiment aller les applaudir car je les trouve mille fois plus crédibles que les autres tandems. Crédibles pour interpréter cette correspondance si délicate et si dure ; crédibles pour faire évoluer leur échange et leur amitié sur cette scène minimaliste entre deux continents, deux ambiances, deux contextes.

Gaspard Proust joue Max, un juif qui vit à San Francisco qui écrit à son meilleur ami Martin (Stéphane Guillon), riche allemand au style dandy.

Ce dernier associé de la galerie d’art de Max, s’installe à Munich avec sa jolie famille dans une Allemagne de 1933 qui commence à voir naître un nazisme pervers.

En l’espace de quelques mois Martin va s’allier à ce mouvement, on voit ainsi à quelle vitesse le « Führer » a embobiné des milliers d’esprits. Devant ces changements d’attitudes et de croyances, Max est désolé. Il perd ainsi son ami le plus cher et leur échange épistolaire est de plus en plus corrompu.

L’idéologie fasciste transforme Martin en une toute autre personne. La fin de la pièce est tragique, un mélange de trahison et de déraison de la part de ces deux amis pourtant fidèles.

Cela me donne envie de lire la nouvelle pour bien capter chaque détail et revenir sur ces écrits qui, bien interprétés sur la scène du théâtre Antoine en disent long sur l’atrocité à cette période de l’histoire, de notre histoire…

InconnuACetteAdresse Affiche Inconnu à cette adresse

Au théâtre Antoine jusque novembre 2012

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Volpone ou le renard, un chef d’œuvre théâtral

octobre 17th, 2012 — 9:42

Cela fait très longtemps que je n’ai pas assisté à une pièce de théâtre aussi complète.

Au théâtre de la Madeleine le spectacle est parfait. Volpone ou le renard est une comédie du dramaturge anglais Ben Jonson.

Deux jours avant  je regardais le dernier épisode d’Engrenages sur Canal + ; deux jours après j’assiste à la pièce d’un des personnages. Nicolas Briançon qui campe un commissaire pas très sympa dans la série  met en scène cette pièce et joue Mosca, le valet dévoué de Volpone.

Volpone (Roland Bertin) est un noble à Venise, il ruse avec son valet pour déjouer les pièges de quatre personnages cupides qui ne veulent que son héritage. Il y a parmi eux l’avocat Voltore, le vieux gentilhomme Corbaccio, le jeune marchand Corvin et une prostituée espiègle.

Ce qui m’a le plus plu :  le décor et la mise en scène. Il y a sur la scène une pluralité de coffres-forts remplis d’argent et d’objets précieux. Je  regarde chaque détails (les tableaux, les cuivres, les bibelots cachés dans ces coffres qui laissent deviner l’étendue de la richesse de Volpone). Il y aussi des moments de danse, de la musique, des décors qui tombent du ciel (j’entends par là des suspensions).

Les personnages défilent au chevet de Volpone, tous avides d’argent. Deux seuls personnages apparaissent comme innocents et seront hélas mal jugés dans cette course à la fortune.

Cette pièce c’est une réflexion bien aboutie sur la richesse, la solitude et le bonheur. Au final Mosca sera le plus malin, Volpone lui sera déchu mais nous livrera une réflexion très juste sur l’argent.

Dans la salle ce soir là, il y a Judith Godrèche et Stéphane De Groodt, je me dis qu’ ils ont du avoir de très bons échos de la pièce pour venir l’applaudir.

Ce soir là en tout cas, les applaudissements ont duré longtemps…

volpone2 Volpone ou le renard, un chef d’œuvre théâtral

Jusqu’au dimanche 20 janvier 2013 au Théatre de la Madeleine.

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